Organiser un voyage en Grèce Quel archipel est fait pour vous ? (3/3)
Les Îles Ioniennes : Verdoyantes, vénitiennes, moins venteuses que les Cyclades. Un bon choix pour les familles et ceux qui cherchent une Grèce différente.
→ Nos conseils pour les îles ioniennes
Quelle île ionienne pour quel type de voyage ?
Les sept îles de l’archipel ne se ressemblent pas. Voici, du nord au sud, ce que chacune offre et le profil de voyageur auquel elle correspond le mieux.
Corfou est la plus grande et la plus connue des Ioniennes. Sa vieille ville (Kérkyra), classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, mêle ruelles vénitiennes, arcades à la française et forteresses. C’est une destination polyvalente, adaptée aux familles, aux amateurs d’histoire comme aux voyageurs en quête de plages. Réserve toutefois : les secteurs côtiers du nord et de l’est ont connu un développement hôtelier comparable aux côtes espagnoles.
Paxos et Antipaxos forment l’ensemble le plus intimiste de l’archipel. Ports vénitiens miniatures, oliveraies millénaires, eaux d’un bleu irréel : Paxos est prisée des plaisanciers et louée surtout en maisons, les hôtels y étant rares. C’est une île pour qui cherche le calme et la lenteur, à condition d’éviter le cœur de l’été, où elle est saturée. Antipaxos, l’îlot voisin aux criques translucides, se visite à la journée.

Leucade (Lefkada) est reliée au continent par un pont, ce qui en fait la seule île ionienne accessible en voiture sans ferry. Sa côte ouest aligne certaines des plus belles plages de Grèce (Porto Katsiki, Egremni, Kathisma), tandis que le canal de Vassiliki est un spot de windsurf réputé. C’est un bon compromis pour qui veut un accès facile, des plages spectaculaires et un arrière-pays montagneux préservé.
Céphalonie (Kefalonia) est la plus grande et la plus montagneuse des Ioniennes. Vignobles de Robola, sommet du mont Ainos (1 628 m), plage de Myrtos, grottes de Mélissani et de Drogarati : l’île offre une variété de paysages rare et a mieux résisté que d’autres à l’uniformisation touristique. Elle convient aux voyageurs actifs qui veulent combiner mer, randonnée et villages.

Ithaque (Itháki), l’île d’Ulysse, est protégée du tourisme de masse par l’absence de grandes plages de sable. Peu de stations balnéaires, beaucoup d’atmosphère : criques, monastères isolés, sentiers et le port profond de Vathy. C’est la destination de ceux qui cherchent la tranquillité, la marche et une Grèce insulaire restée discrète.
Zakynthos (Zante) a deux visages. Mondialement connue pour la baie du Naufrage (Navagio), l’île concentre au sud (secteur de Laganas) un tourisme balnéaire et nocturne intense, alors que le nord et l’intérieur restent préservés. Zakynthos abrite aussi une importante population de tortues Caretta caretta, dont la nidification a entraîné la fermeture ou la régulation de plusieurs plages.

Cythère (Kythira) occupe une place à part : géographiquement isolée au sud du Péloponnèse, elle est rattachée aux Ioniennes mais fonctionne de façon indépendante. Villages de pierre blanche à l’architecture cycladique, gorges verdoyantes, criques difficiles d’accès : c’est une île pour l’authenticité sans circuit balisé, très attachée à sa diaspora gréco-australienne.
Quelles îles éviter en haute saison ?
En juillet et août, ce ne sont pas des îles entières qu’il faut fuir, mais des secteurs précis. À Zakynthos, la côte sud autour de Laganas (et, dans une moindre mesure, Kalamaki, Tsilivi, Argassi) concentre un tourisme de masse nocturne, alors que la même plage de Laganas est une zone de ponte des tortues : le mélange est mauvais pour les deux. Le belvédère de Navagio est saturé en milieu de journée, et l’accès à la plage elle-même, uniquement par bateau, est réglementé pour des raisons de sécurité après plusieurs éboulements.

À Corfou, les stations de Kavos (au sud, dédiée à la fête), Sidari, Ipsos et Benitses ressemblent à des resorts méditerranéens génériques plus qu’à une île grecque. L’intérieur, le nord-ouest (Paleokastritsa, le mont Pantokrator) et le sud autour de la lagune de Korission restent à l’écart de cette pression.
Paxos, minuscule et sans grands hôtels, est paradoxalement vite débordée : les excursionnistes venus de Corfou affluent à Gaios et sur les criques d’Antipaxos en milieu de journée. Mieux vaut y dormir quelques nuits et profiter des plages tôt le matin ou en fin d’après-midi. À Céphalonie, seuls quelques points chauds (la plage de Myrtos et la grotte de Mélissani aux heures de pointe) demandent d’arriver tôt.
La règle générale tient en une phrase : mai, juin et septembre offrent la même lumière et les mêmes eaux que l’été, sans les files ni les prix doublés. Pour comparer la pression touristique île par île avec des données chiffrées, consultez notre Index du surtourisme des îles grecques.
